Mémoire d’un pénaliste

Jean Lob
Lausanne, Editions Favre SA, 2013.
62 pages, 12 fr.

On ne présente plus l’avocat de 86 ans, figure lausannoise et doyen des plaideurs vaudois. Dans ce petit livre de souvenirs, si bref qu’il en paraît abrupt, on trouvera cependant, comme toujours avec ce juriste subtil, l’un des premiers spécialistes de la Convention européenne des droits de l’homme, des remarques pertinentes. Ainsi, à la suite du meurtre de la sociothérapeute Adeline, la ministre vaudoise de l’Intérieur prit la décision d’interdire durant trois mois toute sortie aux auteurs de crimes de sang et aux délinquants sexuels. Jugeant cette sanction collective illégale, Me Lob l’a attaquée en demandant qu’on statue au regard des antécédents du condamné et de son comportement postérieur à l’infraction. Sans portable, ni internet ni e-mail, il n’abandonne pourtant pas la formation continue. Le secret d’une si calme longévité tient peut-être à sa manière de considérer la vie: «En réalité, c’est une diversion, une plaisanterie.»

L’avis de plaidoyer: des mémoires non dépourvues d’humour, comme quand l’auteur se rappelle avoir commencé une thèse en droit fiscal, alors qu’il l’«abhorre et que rien ne lui est plus étranger».