«On pose à l’expert des questions auxquelles il ne peut pas répondre»

plaidoyer 06/2017 du

de

L’expert n’est pas en mesure de prédire le risque de récidive sur le long terme, avertit le psychiatre Philippe Delacrausaz. C’est pourtant ce que la justice pénale lui demande. Loïc Parein, avocat, estime aussi qu’il faut répondre autrement aux attentes en matière de sécurité, notamment par une meilleure communication sur la phase de l’exécution des peines.

Loïc Parein (Photo: Martine Dutruit

Loïc Parein (Photo: Martine Dutruit

plaidoyer: Les expert se sentent-ils compris, en tant que scientifiques, quand ils livrent leurs conclusions à la justice?

Philippe Delacrausaz: Cela dépend, certaines expertises sont encore rédigées, malheureusement, d’une façon telle qu’elles sont incompréhensibles. Mais cela dépend aussi des personnes qui lisent l’expertise: certaines n’ont pas les compétences suffisantes pour les comprendre. Nous faisons un effort de simplification et de clarification, à l’intention des «non-psys». Mais je regrette que, avec la nouvelle procédure de 2011, nous soyons de moins en moins convoqués à l’audience pour répondre aux questions qui se posent. Cela dit, ce n’est parfois qu’en apparence qu’on n’est pas compris: il arrive que, au moment du procès, une phrase soit délibérément sortie de son contexte par l’une ou l’autre partie, afin de faire dire autre chose à l’expertise. 

Loïc Parein: Si le destinataire d’une expertise a besoin d’autre chose que ce que livre le rapport, il peut être tenté de faire dire à l’expert ce qu’il n’a pas dit… Sur la question de la compréhension, on voit que certains experts font des efforts de clarification, et d’autres non. Mais on se trouve face à un paradoxe: si la justice ordonne une expertise, c’est justement parce qu’elle n’a pas les connaissances nécessaires pour établir un fait, par exemple l’état psychique d’un prévenu. Le juriste se heurte donc inévitablement à des éléments qu’il ne comprend pas. A un moment donné, il est obligé de faire confiance. [...]

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