Le déclin du mythe de l’infaillibilité des empreintes digitales 

plaidoyer 01/2019 du

de

Des erreurs peuvent se Le déclin du mythe de l’infaillibilité des empreintes digitales produire lorsqu’un expert compare des empreintes digitales. L’attribution définitive d’une trace à un suspect doit incomber au juge et non à l’expert.

Un spécialiste de l’identité judiciaire en train de comparer des empreintes. (Photo: keystone)

Un spécialiste de l’identité judiciaire en train de comparer des empreintes. (Photo: keystone)

L’Ecole des sciences criminelles de l’Université de Lausanne a accueilli au mois de septembre dernier la conférence annuelle du groupe de travail sur les empreintes digitales de l’European Network of Forensic Science Institutes, l’organisation faîtière de tous les laboratoires forensiques européens. Cet événement, qui a réuni une centaine d’experts, de praticiens et de chercheurs venus de toute l’Europe et des Etats-Unis, avait pour but de faire le point sur l’état actuel de la science et de la pratique dans le domaine, résumé par la présente contribution.

L’état actuel des connaissances scientifiques 

La dactyloscopie est utilisée à des fins d’identification depuis la fin du XIXe siècle. Historiquement, la technique et sa mise en œuvre étaient souvent présentées comme infaillibles, c’est-à-dire qu’il était soi-disant impossible qu’une personne soit identifiée comme étant la source d’une trace digitale alors qu’elle ne l’avait pas laissée, ou qu’une personne soit exclue comme source de la trace alors qu’elle en était bien à l’origine. Après des cas avérés d’erreur, deux institutions américaines ont entrepris des évaluations systématiques du domaine et remis en cause la fiabilité de la dactyloscopie3. A son tour, la très prestigieuse American Association for the Advancement of Science (AAAS) a commissionné une étude pour faire le point sur l’état de la matière4; l’un des auteurs de l’étude, le professeur William Thompson de l’Université de Californie à Irvine, a présenté ses principaux résultats lors de la conférence.

Publié en 2017, le rapport de l’AAAS a fait les constats suivants: tout d’abord, la littérature scientifique confirme qu’il y a une grande variabilité dans les dessins papillaires que chacun d’entre nous porte sur ses doigts, et cela permet de nous distinguer les uns des autres. Cependant, les connaissances scientifiques actuelles ne permettent pas de spécifier, à un niveau opérationnel, la rareté d’une caractéristique donnée sur une empreinte digitale (arrêts de lignes dans le flux des crêtes, bifurcations, lacs, etc.), ou d’une combinaison de caractéristiques5 ; on ne peut donc pas savoir combien de personnes, dans la population, présentent la même configuration de caractéristiques qu’une trace donnée. Par ailleurs, la recherche montre que les experts sous-estiment l’intravariabilité des traces digitales, c’est-à-dire la mesure dans laquelle plusieurs traces provenant d’un même doigt diffèrent en fonction de la surface sur laquelle elles ont été laissées et de la manière dont elles ont été déposées (distorsion), ce qui, en pratique, pourrait mener à de fausses exclusions. [...]

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