Justice restaurative et médiation, une distinction qui s’impose

plaidoyer 05/2018 du

de

Les confusions pourraient aboutir à des distorsions de pratiques nuisibles aux personnes que ces processus prétendent soutenir.

La Justice restaurative (ci-après JR)1 est à la fois une philosophie2, une pratique, un champ de recherche et un enjeu politique. La Suisse s’ouvre depuis peu à cette nouvelle approche de l’infraction qui inspire aujourd’hui les politiques criminelles de nombreux Etats, notamment en Europe, en Amérique du Nord, en Amérique latine et en Océanie. Alors que la JR n’en est encore ici qu’à ses débuts et avant même que le sujet n’ait été porté devant les instances politiques fédérales – Conseil fédéral et Assemblée fédérale – , les confusions et les malentendus sont déjà nombreux et il nous paraît nécessaire de préciser certaines notions.

Il s’agit donc ici de clarifier la distinction entre JR et médiation, d’éclaircir leurs spécificités et leurs limites et non de présenter les caractéristiques et les modes de fonctionnement de ces deux approches3. Howard Zehr, considéré comme le père fondateur de la JR moderne, définit celle-ci en ces termes: «La justice restaurative est un processus destiné à impliquer, autant qu’il est possible, ceux qui sont touchés par une infraction donnée et à identifier collectivement les torts ou dommages subis, les besoins et les obligations, afin de parvenir à une guérison et de redresser la situation autant qu’il est possible de le faire.»4 Quant à la médiation, la Fédération suisse des associations de médiation a adopté cette définition: «La médiation est une procédure extrajudiciaire et interdisciplinaire de traitement des conflits, dans laquelle des tiers neutres soutiennent les parties au conflit afin qu’elles trouvent une issue satisfaisante à leur divergence. Les parties décident elles-mêmes des possibilités et des résultats dans des négociations libres et confidentielles.»5

Au-delà de l’importance du sens donné aux mots, s’agissant de processus relativement récents, nous craignons que des confusions et des malentendus n’aboutissent à des distorsions des pratiques, pouvant s’avérer nuisibles pour ceux et celles qu’elles prétendent soutenir6.

Un deuxième écueil doit être surmonté concernant cette fois la terminologie juridique qui constitue évidemment un précieux outil de travail. Mais c’est aussi un carcan qui oriente la pensée et de ce fait l’appauvrit. [...]

Attention: Article payant

Sans abonnement de plaidoyer ou Online-Abo, cet article est payant.

Abonnez-vous maintenant

Lire l'article

Les abonnés de plaidoyer ou Online-Abo peuvent lire cet article gratuitement.

Nom de famille/entreprise OU Nickname:
numéro d'abonné OU Mot de pass:

Acheter l'article

Cet article coûte 3,00 CHF
Payment seulement avec carte de crédit ou postcard. Vour recevez l'article en format pdf par email.

Acheter maintenant

Dieser Artikel ist folgenden Themen zugeordnet

Weitere Artikel zum Thema

Justice civile: avances de frais dissuasives

«On pose à l’expert des questions auxquelles il ne peut pas répondre»

L’e-justice, de gré ou de force