Détection de discriminations entre avocates et avocats

plaidoyer 03/2019 du

de

Plus de 1700 membres des barreaux de Genève, Vaud, Paris et Lyon ont participé à une enquête sur la globalisation et la féminisation de la profession d’avocat, menée notamment par l’Université de Lausanne. Les questionnaires, adressés aux personnes entrées au barreau après 1998, ont été remplis à 66% par des femmes. L’étude souligne que les avocates sont présentes dans des proportions équivalentes aux avocats dans les différents domaines du droit (mais elles sont encore 29% à être actives en droit de la famille contre 20% pour les hommes, et 38% en droit des affaires contre 47% pour les hommes). En Suisse, 75% des femmes ayant répondu aux questions, et 55% des hommes, pensent que les exigences du métier et la difficulté à concilier vie privée et vie professionnelle constituent un obstacle à leur carrière. Suisse et France réunies, 49% des répondants, contre 39% des répondantes, sont satisfaits de leurs perspectives de progression professionnelle, mais celles-ci sont perçues comme moins bonnes par les avocates qui ont été témoins ou victimes de discrimination ou de traitement inégalitaires. Et, justement, un tiers des répondantes disent avoir subi une discrimination au cours des cinq dernières années, contre 9% des répondants. Et 22% des hommes interrogés admettent cependant avoir été témoins de discriminations. Les principaux motifs de discrimination mentionnés par les femmes sont le sexe, puis la grossesse. Les pratiques discriminatoires dénoncées couvrent le spectre habituel, allant des paroles irrespectueuses au refus de promotion, en passant par des différences de rémunération. 

L’étude relève que les inégalités rencontrées par les avocates se traduisent dans l’adaptation de leurs parcours conjugaux et familiaux: elles sont plus souvent célibataires que leurs collègues masculins (par exemple à Genève 32% contre 21%), elles sont moins nombreuses à avoir des enfants et, quand elles en ont, elles en ont moins. Au final, l’enquête franco-suisse dénonce des «discriminations genrées de grande ampleur, avec un plafond de verre particulièrement marqué dans les grandes études».

 

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